Je me souviens

Symboles religieux (source - Wikipedia)

Symboles religieux (source – Wikipedia)

Bien que la devise du Québec soit « Je me souviens », il semble que cette mémoire collective ne soit pas valide plus de quelques jours. Alors nous allons revenir sur certains faits passés, qui pourraient nous aider à mieux comprendre le présent si vous le voulez bien.

Tout d’abord, je vous annonce que Charbonneau n’a pas le monopole du mot « Commission ». Il y a quelques années (2007 – 2008), il y a avait eu la célèbre Commission Bouchard – Taylor dont le mandat était de démêler un peu le concept « d’accommodements raisonnables ». Pendant des mois, on entendait des trucs à la télé, on lisait dans les journaux. Certains refusaient que leurs femmes voient des médecins homme, certains avaient fait mettre une fenêtre givrée sur une salle de gym parce que ça les choquait de voir des femmes en tenu de sport. Et, comble de l’insulte identitaire, certains avaient poussé ça jusqu’à faire changer le menu d’une érablière.

À cette époque, la diffusion en continu des audiences nous donnait des frissons dans le dos par moment. Certains commentaires de « québécois de souche » donnaient froid dans le dos tellement ils suintaient la xénophobie. Bon, ça venait plus souvent de coins plus ruraux (genre Hérouxville), mais dans l’ensemble, on pouvait clairement voir que les Québécois en avaient assez de se faire prendre pour des valises. Ou plus précisément, comme un buffet à la carte, où les gens viennent et ne prennent que ce qui fait leur affaire.

Après 1 an de travaux, les 2 commissaires ont accouché d’un document faisant l’état de la situation, et proposant des pistes de solution pour faciliter l’intégration des Québécois issus de différentes cultures. Dans le rapport, on retrouve en conclusion une partie intéressante que je vous soumets ici :

« L’État, de son côté, pourrait œuvrer à la clarification et à la promotion du cadre civique commun ou de ce que nous avons appelé les valeurs publiques communes. Ces valeurs, comme nous l’avons vu, sont composées des droits et des libertés inscrits dans les chartes et des grands choix de société faits par le Québec (la Charte de la langue française, la politique d’intégration et l’interculturalisme, l’égalité entre les personnes, etc.). Il est impératif que la classe politique affirme et défende clairement les valeurs publiques communes sur lesquelles s’appuie le vivre ensemble. Par exemple, des interventions en ce sens dans les semaines précédant la création de la Commission auraient sans doute contribué à nourrir un débat plus mesuré et plus éclairé. Elles auraient aussi rassuré les Québécois quant à l’existence de balises et de repères permettant d’encadrer les demandes d’accommodement et, plus généralement, l’aménagement de la diversité culturelle et religieuse au Québec. »

 Il y a 5 ans, tout le monde était d’accord avec cette affirmation.  Aujourd’hui, 5 ans plus tard, un parti politique propose une législation sur ce sujet, et tout le monde déchire sa chemise. En plus, c’est le parti de gauche que tout le monde aime tant. J’avoue être un peu perdu là. Finalement, je dois en venir à la conclusion que les Québécois ne sont que des éternels insatisfaits, des maudits chialeux. Même si je suis loin de partager les vues du Parti Québécois sur la plupart des enjeux, je ne vois vraiment pas ce qu’il y a de si incroyable dans cette « Charte ». Vouloir interdire le port de signes religieux, ça se fait dans plein d’autres pays après tout, même des pays musulmans.

Personnellement, je trouve que ce débat prend de toute façon beaucoup trop de place dans l’arène politique provinciale alors que nous avons bien d’autres chats à fouetter.


Élections Québec 2012 – le rôle des technologies et des nouveaux médias

Quel est le rôle de la technologie et des nouveaux médias dans la campagne électorale de 2012 au Québec ? C’est la question à laquelle je tente de répondre cette semaine. J’ai analysé 3 domaines différents et tenté de voir l’utilisation qu’en font les partis et organismes.

Applications mobiles :

Après une brève recherche, des dizaines dizaines d’apps pour les élections françaises et américaines. Un grand total de 0 pour Élection Québec 2012. Très décevant, voir même incompréhensible.  Nous sommes en 2012 !!! Même le DGE n’a pas d’app mobile ne serait-ce que pour avoir la liste des candidats et trouver ceux de notre circonscription par géolocalisation.

AJOUT (15-08-2012) : Le responsable du compte Twitter du DGE, @electionsquebec m’a confirmé qu’ils ont préféré faire des sites mobiles. C’est donc un choix stratégique du site plutôt que de l’application. Au moins, ils ont saisi l’importance de la plateforme et c’est tout en leur honneur.

Site web :

Là, on est mieux servi. La Presse a une section spéciale : www.lapresse.ca/actualites/elections-quebec-2012/

Radio-Canada aussi (non, ce n’est pas le site officiel du PQ, bande de mauvaises langues) : www.radio-canada.ca/elections-quebec-2012

Les Affaires (non ce n’est pas le site officiel du PLQ…) : www.lesaffaires.com/tag/elections-quebec-2012/1466?gclid=COKBkefi5bECFaZxOgodO1IA6g

Enjeux 2012 (www.elections2012.ca/) site en collaboration avec ON, QS, CLASSE et autres groupes plus à gauche.

Le site officiel du Directeur Général des Élections du Québec : www.monvote.qc.ca/fr/

Un projet du Forum Jeunesse, jvote.ca. Plus à jour dans la liste des candidats car ils n’ont pas à attendre l’inscription officielle avec les signatures et tout.

Et la très populaire Boussole Électorale de Radio-Canada. Plutôt bien fait, pour vous permettre de vous retrouver sur l’échiquier politique québécois. radio-canada.ca/boussole

Et ma propre version simplifiée (avec une pincée d’humour) : mes2cents.wordpress.com/2012/08/10/election-quebec-2012-une-boussole-simplifiee/

En terminant, je ne peux passer sous silence le site liberaux.net, site d’une citoyenne exaspérée qui dénote plus de 90 arnaques libérales depuis 9 ans. Inutile de vous dire qu’elle doit porter un carré rouge.

*Je ne vous donne pas l’adresse des différents partis, mais avec un peu de recherches sur Google, vous n’aurez aucune difficulté à les trouver. Ils sont tous sur la toile et y expose leurs différents programmes.

Médias sociaux :

Si vous vous rappelez bien, lors des dernières élections américaines en 2008, tout le monde avait prévu que Hilary Clinton serait la candidate Démocrate. Or, un Sénateur a utilisé les médias sociaux pour mobiliser toute une armée et il a remporté non seulement l’investiture Démocrate, mais aussi la Maison-Blanche. Encore aujourd’hui, Barrack Obama utilise Facebook, Twitter et autres de façon magistrale.

L’an dernier, nous avons vu une vague massive d’abonnements de gens identifiés au parti Québec Solidaire sur Twitter. N’ayant pas trop de budget promo, ils utilisent beaucoup la plateforme (ainsi que Facebook), tout comme Option Nationale d’ailleurs. Mais tous les partis ont une page Facebook et un ou plusieurs comptes Twitter. La bataille de l’opinion publique se gagne en nous parlant directement après tout.

Voici donc les endroits où vous pouvez retrouver vos partis et candidats favoris :

PLQ :

PQ :

CAQ :

Option Nationale :

Québec Solidaire :


Élection Québec 2012 – Une boussole simplifiée

Plus la campagne avance, plus vous êtes indécis ? Vous vous considéré comme orphelins politique ? Et bien oubliez les boussoles électorales compliquées à la sauce Radio -Canada. Voici une façon très simple pour faire votre choix.

Option Nationale

Option Nationale

Si la souveraineté est votre priorité, c’est Option Nationale.

Québec Solidaire

Québec Solidaire

Si vous voulez jeter le système capitaliste et refaire le monde, c’est Québec Solidaire.

Parti Québécois

Parti Québécois

Si vous préférez du socialisme modéré sans réel possibilité de référendum, c’est le Parti Québécois.

Coalition Avenir Québec

Coalition Avenir Québec

Si votre priorité est l’économie et la saine gestion (à moins qu’ils ne changent encore d’avis d’ici là), c’est la CAQ.

Parti Libéral du Québec

Parti Libéral du Québec

Et si vous avez votre carte de membre du parti Libéral…

Au revoir Gabriel Nadeau-Dubois !

Image tirée de La Presse

Image tirée de La Presse

Véritable bombe médiatique ce matin. On tue la une ! Le charismatique « porte-parole » de l’association étudiante la plus radicale, la CLASSE, quitte son poste. Personne n’avait vu venir cette surprenante décision de Gabriel Nadeau-Dubois, à quelques semaines d’un scrutin et de la rentrée scolaire. La raison officielle (bullshit) est qu’il croit que la CLASSE a besoin de sang neuf et tout un paquet d’autres choses qui sonnent aussi faux qu’un discours de n’importe quel politicien. Ce qui nous emmène donc à nous demander : quelle est la VRAIE raison de son départ. Inutile de vous dire que les réseaux sociaux, Twitter en tête, se sont emballés. Réfléchissons ensemble à certaines possibilités.

Il était devenu un poids et a été largué par ces amis politiques ?

Un porte-parole avec autant d’attention médiatique serait plus vu comme un atout qu’un boulet. Il est cependant possible que ses bailleurs de fonds, les syndicats, lui ai demandé de quitter. Car ils ont bien compris que les mouvements de foules qu’on a connues au printemps risquent plus d’aider Jean Charest en cultivant la peur et la haine. Mais les amis de la CLASSE n’ont pas l’air d’avoir la même compréhension des choses. Ils veulent en finir avec le système capitaliste et ne veulent surtout pas commencer à jouer un jeu politique. GND, qui n’a qu’un titre de porte-parole et n’a aucun pouvoir décisionnel, se retrouvait donc un peu coincé. Et comme il est intelligent (malgré ce que ses détracteurs peuvent en penser) il a peut-être préféré se retirer, pour ne pas mettre en péril une prometteuse carrière.

Un saut en politique ?

Il faut être aveugle ou sénile pour ne pas comprendre que ce jeune homme est de l’or en barre pour un parti politique ou pour une organisation syndicale. GND en est conscient et, malgré ce qu’il laisse paraître, ne peut y être insensible.  Pour moi, il est déjà d’ores et déjà acquis que le jeune homme a un plan de match pour le reste de sa carrière. Restera-t-il dans l’ombre encore un peu avant de revenir à l’avant-scène ou fera-t-il le plongeon tout de suite (avec Québec Solidaire par exemple) ?

Même si mes opinions politiques et sociales sont à des années-lumière de M. Nadeau-Dubois, je souligne quand même son intelligence, sa vivacité et surtout son engagement. Car il est bien plus difficile d’aller défendre ses idées sur la place publique que de chialer seul devant son téléviseur. Je le salue et lui souhaite la meilleure des chances dans ses projets futurs. Mais quelque chose me dit qu’il n’a pas fini de me faire sortir de mes gonds avec ses idées… À suivre !


C’est la faute à Jean Charest

Jean Charest

Image tirée du site du quotidien Le Devoir

Je n’ai pas beaucoup d’empathie pour le mouvement rouge en général. Ceux qui me connaissent pourront en témoigner. L’arrogance et le mépris de certains d’entre eux ne m’encouragent pas vraiment à appuyer leur cause. Cependant, je me dois de dire que je suis d’accord (jusqu’à un certain point) avec eux sur un fait : c’est la faute à Jean Charest.

Bien sûr, vous me rappellerez que les étudiants se sont retirés de la table de concertation lorsque c’était le temps de négocier l’an dernier. Vous me direz aussi que ce sont eux qui descendent dans les rues pour foutre le bordel chaque jour depuis des mois. Et sûrement bien d’autres choses sur lesquelles vous auriez sûrement raison.

SAUF que ce n’est, dans le fond, qu’un dossier de grève parmi tant d’autres au Québec chaque année. Et ce dossier aurait dû être traité avec plus de diligence par les membres de ce gouvernement, principalement par son premier ministre. Depuis le début, le refus de s’asseoir avec eux montre son désintéressement. Oui, il y a bien eu une timide tentative de trouver un accord avec Mme Beauchamp. Une entente de principe qui était déjà torpillée de part et d’autre à la sortie. Mais à partir de là, une brèche s’est ouverte. Léo Bureau-Blouin et Martine Desjardins (FECQ et FEUQ) ont tous deux affirmé avoir soumis de nouvelles offres au gouvernement basées sur cette entente. Je ne porterai pas de jugement sur ces supposées offres, car on ne les connaît pas, mais mon point est que l’on aurait dû saisir cette chance. Continuer de négocier, isoler les plus radicaux et régler ce conflit une fois pour toutes.

Or, il n’en fut rien. L’idée de M. Charest et de son cabinet semblait déjà faite. Line Beauchamp, qui avait l’air plus enclin à continuer les négociations a été tassée (volontairement ou non). On a nommé Mme Courchesne, mais les dés étaient déjà jetés. Donc plutôt que de tenter de calmer le jeu, on y va avec une loi impopulaire, qui radicalise encore plus la gauche (en la confortant dans une position de « martyr ») et envenime le débat. De mon vivant, je n’avais jamais vu des citoyens s’entre-déchirer de la sorte. Le débat a depuis longtemps dépassé les étudiants. Maintenant, toutes les tendances de la gauche sont unies, environnementalistes, socialistes, syndicalistes, artistes, etc. Unis dans un seul but : faire tomber ce gouvernement. Et ils sont plus à cran que jamais. Le moindre filtre antipourriel déclenche chez eux haine et méfiance. Si vous mesurez plus de 6’ et avez les cheveux rasés, je vous déconseille d’aller manifester, car ces simples arguments vous confèrent automatiquement le rang d’agent de police ou de militaire infiltré. Dans un tel climat de paranoïa généralisée, ce n’était vraiment pas le temps d’aller en remettre une couche.

Je vous entends déjà me dire que le gouvernement n’avait pas le choix, des injonctions étaient défiées, il fallait agir. Les lois existaient déjà obligeant les gens à respecter les injonctions. Et malgré cela, elles n’étaient pas respectées. Vous croyez vraiment qu’ils respecteront celle-ci qui catalyse leur haine? Jamais.

Jean Charest cumule maintenant 9 années de pouvoir au Québec. Et ici, c’est la loi non écrite, on se fait mettre dehors au nom du « changement » après 8 ans (2 mandats majoritaires normaux). Je ne sais pas s’il en est venu à la conclusion que ça l’aiderait aux yeux de l’électorat, mais si c’est vrai, c’est une grave erreur selon moi. Pauline finira par passer, qu’on le veuille ou non.

Alors il est grand temps, M. Charest, de cesser de laisser parler vos propres ambitions et de régler ce conflit. Ce conflit qui laissera des traces pendant des mois, voire des années dans les relations entre les Québécois eux-mêmes. Chaque jour de plus à laisser les choses se dégrader en est un de trop. Mettre ses culottes, ça veut aussi dire faire face aux plus radicaux de son caucus ou de ses bailleurs de fonds. Après tout, ne vous êtes-vous pas autoproclamé « Grand Bâtisseur » ? Alors prenez le taureau par les cornes, appelez les leaders étudiants, leurs patrons CSN / FTQ et allez vous-même vous asseoir à la table de négociation. Trouvez une solution où tout le monde aura l’impression d’avoir gagné. C’est ça la marque des grands, Monsieur.

Pendant que Rome brûlait, l’Empereur de l’époque jouait du violon. Je me demande si M. Charest joue à Diablo III pendant que s’enflamme Montréal…