Élections Québec 2012 – le rôle des technologies et des nouveaux médias

Quel est le rôle de la technologie et des nouveaux médias dans la campagne électorale de 2012 au Québec ? C’est la question à laquelle je tente de répondre cette semaine. J’ai analysé 3 domaines différents et tenté de voir l’utilisation qu’en font les partis et organismes.

Applications mobiles :

Après une brève recherche, des dizaines dizaines d’apps pour les élections françaises et américaines. Un grand total de 0 pour Élection Québec 2012. Très décevant, voir même incompréhensible.  Nous sommes en 2012 !!! Même le DGE n’a pas d’app mobile ne serait-ce que pour avoir la liste des candidats et trouver ceux de notre circonscription par géolocalisation.

AJOUT (15-08-2012) : Le responsable du compte Twitter du DGE, @electionsquebec m’a confirmé qu’ils ont préféré faire des sites mobiles. C’est donc un choix stratégique du site plutôt que de l’application. Au moins, ils ont saisi l’importance de la plateforme et c’est tout en leur honneur.

Site web :

Là, on est mieux servi. La Presse a une section spéciale : www.lapresse.ca/actualites/elections-quebec-2012/

Radio-Canada aussi (non, ce n’est pas le site officiel du PQ, bande de mauvaises langues) : www.radio-canada.ca/elections-quebec-2012

Les Affaires (non ce n’est pas le site officiel du PLQ…) : www.lesaffaires.com/tag/elections-quebec-2012/1466?gclid=COKBkefi5bECFaZxOgodO1IA6g

Enjeux 2012 (www.elections2012.ca/) site en collaboration avec ON, QS, CLASSE et autres groupes plus à gauche.

Le site officiel du Directeur Général des Élections du Québec : www.monvote.qc.ca/fr/

Un projet du Forum Jeunesse, jvote.ca. Plus à jour dans la liste des candidats car ils n’ont pas à attendre l’inscription officielle avec les signatures et tout.

Et la très populaire Boussole Électorale de Radio-Canada. Plutôt bien fait, pour vous permettre de vous retrouver sur l’échiquier politique québécois. radio-canada.ca/boussole

Et ma propre version simplifiée (avec une pincée d’humour) : mes2cents.wordpress.com/2012/08/10/election-quebec-2012-une-boussole-simplifiee/

En terminant, je ne peux passer sous silence le site liberaux.net, site d’une citoyenne exaspérée qui dénote plus de 90 arnaques libérales depuis 9 ans. Inutile de vous dire qu’elle doit porter un carré rouge.

*Je ne vous donne pas l’adresse des différents partis, mais avec un peu de recherches sur Google, vous n’aurez aucune difficulté à les trouver. Ils sont tous sur la toile et y expose leurs différents programmes.

Médias sociaux :

Si vous vous rappelez bien, lors des dernières élections américaines en 2008, tout le monde avait prévu que Hilary Clinton serait la candidate Démocrate. Or, un Sénateur a utilisé les médias sociaux pour mobiliser toute une armée et il a remporté non seulement l’investiture Démocrate, mais aussi la Maison-Blanche. Encore aujourd’hui, Barrack Obama utilise Facebook, Twitter et autres de façon magistrale.

L’an dernier, nous avons vu une vague massive d’abonnements de gens identifiés au parti Québec Solidaire sur Twitter. N’ayant pas trop de budget promo, ils utilisent beaucoup la plateforme (ainsi que Facebook), tout comme Option Nationale d’ailleurs. Mais tous les partis ont une page Facebook et un ou plusieurs comptes Twitter. La bataille de l’opinion publique se gagne en nous parlant directement après tout.

Voici donc les endroits où vous pouvez retrouver vos partis et candidats favoris :

PLQ :

PQ :

CAQ :

Option Nationale :

Québec Solidaire :

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Élection Québec 2012 – Une boussole simplifiée

Plus la campagne avance, plus vous êtes indécis ? Vous vous considéré comme orphelins politique ? Et bien oubliez les boussoles électorales compliquées à la sauce Radio -Canada. Voici une façon très simple pour faire votre choix.

Option Nationale

Option Nationale

Si la souveraineté est votre priorité, c’est Option Nationale.

Québec Solidaire

Québec Solidaire

Si vous voulez jeter le système capitaliste et refaire le monde, c’est Québec Solidaire.

Parti Québécois

Parti Québécois

Si vous préférez du socialisme modéré sans réel possibilité de référendum, c’est le Parti Québécois.

Coalition Avenir Québec

Coalition Avenir Québec

Si votre priorité est l’économie et la saine gestion (à moins qu’ils ne changent encore d’avis d’ici là), c’est la CAQ.

Parti Libéral du Québec

Parti Libéral du Québec

Et si vous avez votre carte de membre du parti Libéral…

Au revoir Gabriel Nadeau-Dubois !

Image tirée de La Presse

Image tirée de La Presse

Véritable bombe médiatique ce matin. On tue la une ! Le charismatique « porte-parole » de l’association étudiante la plus radicale, la CLASSE, quitte son poste. Personne n’avait vu venir cette surprenante décision de Gabriel Nadeau-Dubois, à quelques semaines d’un scrutin et de la rentrée scolaire. La raison officielle (bullshit) est qu’il croit que la CLASSE a besoin de sang neuf et tout un paquet d’autres choses qui sonnent aussi faux qu’un discours de n’importe quel politicien. Ce qui nous emmène donc à nous demander : quelle est la VRAIE raison de son départ. Inutile de vous dire que les réseaux sociaux, Twitter en tête, se sont emballés. Réfléchissons ensemble à certaines possibilités.

Il était devenu un poids et a été largué par ces amis politiques ?

Un porte-parole avec autant d’attention médiatique serait plus vu comme un atout qu’un boulet. Il est cependant possible que ses bailleurs de fonds, les syndicats, lui ai demandé de quitter. Car ils ont bien compris que les mouvements de foules qu’on a connues au printemps risquent plus d’aider Jean Charest en cultivant la peur et la haine. Mais les amis de la CLASSE n’ont pas l’air d’avoir la même compréhension des choses. Ils veulent en finir avec le système capitaliste et ne veulent surtout pas commencer à jouer un jeu politique. GND, qui n’a qu’un titre de porte-parole et n’a aucun pouvoir décisionnel, se retrouvait donc un peu coincé. Et comme il est intelligent (malgré ce que ses détracteurs peuvent en penser) il a peut-être préféré se retirer, pour ne pas mettre en péril une prometteuse carrière.

Un saut en politique ?

Il faut être aveugle ou sénile pour ne pas comprendre que ce jeune homme est de l’or en barre pour un parti politique ou pour une organisation syndicale. GND en est conscient et, malgré ce qu’il laisse paraître, ne peut y être insensible.  Pour moi, il est déjà d’ores et déjà acquis que le jeune homme a un plan de match pour le reste de sa carrière. Restera-t-il dans l’ombre encore un peu avant de revenir à l’avant-scène ou fera-t-il le plongeon tout de suite (avec Québec Solidaire par exemple) ?

Même si mes opinions politiques et sociales sont à des années-lumière de M. Nadeau-Dubois, je souligne quand même son intelligence, sa vivacité et surtout son engagement. Car il est bien plus difficile d’aller défendre ses idées sur la place publique que de chialer seul devant son téléviseur. Je le salue et lui souhaite la meilleure des chances dans ses projets futurs. Mais quelque chose me dit qu’il n’a pas fini de me faire sortir de mes gonds avec ses idées… À suivre !


Curiosity débarque sur Mars. Là où aucun homme n’est jamais allé.

Image de synthèse de Curiosity tiré du site du National Geographic

Image de synthèse de Curiosity tiré du site du National Geographic

Je rentrais chez moi tranquillement dimanche soir dernier. Un peu fatigué du weekend au chalet d’un de mes amis, mais avide de savoir ce que j’avais manqué dans la civilisation. Or voilà que j’apprends que la sonde Curiosity va bientôt se poser sur Mars. Quel bon « timing » ! J’ai donc regardé, comme plusieurs personnes sur les réseaux sociaux d’ailleurs, l’arrivée de ce nouveau robot à la surface de planète rouge. 1:31 lundi matin, heure prévue, site d’arrivé prévu. Les 8 mois de et les millions de kilomètres du voyage n’ont rien perturbés. C’était précis au quart de tour. Ça avait même l’air presque trop facile par moment. Mais il n’en est rien. L’euphorie des dizaines de personnes présentes dans le centre de contrôle au moment où ils recevaient les premières images basses résolutions laissait paraître toute la tension qui les a habité pendant les dernières heures. Car il faut bien comprendre que ces personnes travaillaient depuis des années à ce projet.

Pour permettre une perspective différente sur cet évènement et souligner à quel point il est exceptionnel, j’ai fait une petite recherche dont je vous partage les résultats ici. Notez que les sources sont exclusivement de la NASA ou de l’Agence spatiale canadienne sauf lorsque spécifié autrement.

N.B. Notez que dans tout le texte,  le terme « atterrissage » est employé pour désigner le terme de se poser sur Mars.

1960 : on commence à s’intéresser sérieusement à Mars

Les années 60 furent l’âge d’or de l’occident. Les baby-boomers avaient développé les technologies au point de croire que c’était possible de se rendre sur la planète. En plus, les problèmes économiques n’existaient pas à cette époque, donc ils avaient tout le loisir de tenter leur chance. Les Russes et les Américains, en pleine guerre à l’image, rivalisaient pour être les premiers à atteindre la lune, mais Mars était aussi dans les plans. Les premières tentatives ont d’ailleurs été soviétiques. Pas moins de 5 tentatives d’y envoyer un satellite échouèrent entre 1960 et 1962 pour l’URSS. Ce n’est qu’en 1964 que les Américains tentèrent eux aussi le coup avec les missions « Mariner ». Mais on dut attendre 1965 avant que le premier appareil atteigne enfin la cible. Après un voyage de 8 mois, Mariner 4 est passé au-dessus de Mars et a retourné les premières photos rapprochées de la surface. Il faut comprendre que les sondes Mariner n’étaient pas des satellites. Elles ne restaient pas en orbite autour de la planète, mais ne faisaient que passer assez prêt pour permettre une analyse rapide, le temps du seul passage.

Image prise par la sonde Viking

Image prise par la sonde Viking

1970 : on se pose

Arrivent les années 70. Bien sûr, la science a encore beaucoup évolué. On souhaite donc maintenant aller voir de plus près cette surface rouge qui hante tant de nos romans de science-fiction depuis si longtemps. C’est donc la première sonde russe à atteindre la planète qui sera également la première à s’y poser. Mars 3 arrive sur Mars en décembre 1971. Son petit robot de 4.5kg transmet des images pendant 14.5 secondes, puis se tait à jamais.*

Quant au premier satellite (américain), il entre en orbite avec succès à la fin de la même année et émettra des images pendant près d’un an (7329 images).

C’est finalement le 20 juillet 1976 que le premier engin de la NASA se pose enfin sur Mars. Viking 1 consiste en un satellite et un module d’atterrissage fixe. Suivi de près par son jumeau Viking 2 (3 septembre 1976), les 2 appareils relaieront des photos, d’analyses atmosphériques et analyses de sols jusqu’en 1982. Disons que c’est un peu mieux que les 14.5 secondes du précédent robot russe.

1980 : on oublie ça

Sous la pression d’une crise économique majeure, les États-Unis coupèrent les efforts vers Mars à la fin des années 70. Durant la décennie 80, seuls les Russes tentèrent quelques missions, se soldant toutes par des échecs.

1990 : c’est reparti de plus belle

Les années 90 quant à elles, marquèrent le retour à la conquête de Mars. Malgré un taux de succès faible de 2 réussites sur 8 missions, les résultats sont intéressants. En 1997, plus de 20 ans après la dernière mission américaine, Mars Global Surveyor entre en orbite. Pendant près de 10 ans, elle enverra à la Terre plus d’images que toutes les autres missions.

Mars Global Surveyor

Image artistique de Mars Global Surveyor tirée du site de la mission

Nouvelle technique d’approche des modules d’atterrissage

En 1997, le module d’atterrissage Pathfinder et le robot Sojourner servent de preuve de concept pour les futurs robots. Une nouvelle technique d’entrée dans l’atmosphère est testée pour prouver que l’on peut envoyer du matériel de recherche plus poussée sur la surface. Une fois le parachute déployé et arrivé à 300 mètres du sol, un sac de bulles d’air géantes est gonflé autour de la capsule contenant la base. À 50m, les rétros fusés s’activent pour ralentir encore plus la vitesse. Le sac est ensuite détaché et va rebondir au sol jusqu’à l’arrêt. Les sacs se dégonflent ensuite et la base est déployée, comme les pétales d’une fleur. ** Cette mission fût un franc succès et permis de recueillir de véritables données sur une période de quelques mois, mais 5 fois plus longue que prévue. Pas si mal pour un « test ».

Le système de ballons gonflables de Pathfinder

Le système de ballons gonflables de Pathfinder. Tirée du site de la mission

De 2000 à aujourd’hui : l’ère moderne

Après le succès de Pathfinder, plusieurs missions échouèrent. On dû attendre à 2001 pour voir le satellite Odyssey réussir. Toujours en opération, il détient le record de l’appareil ayant été le plus longtemps opérationnel sur Mars. Sers entre autres à relayer les informations entre la Terre et les véhicules d’explorations de la surface Spirit, Opportunity et Curiosity.

Spirit et Opportunity

Sans doute les 2 robots les plus connus de l’univers après R2-D2 et Wall-E, Spirit et Opportunity sont 2 jumeaux, arrivés la même année sur la planète rouge. En janvier 2004, ils débarquent, utilisant la même technique de descente que Pathfinder 7 ans plus tôt. ** Leur but est d’analyser des échantillons de sols et d’atmosphère à la recherche de traces de vies ou d’eau. Prévu pour un fonctionnement initial de 90 jours, Spirit resta embourbé le 22 mars 2010. Toutes les tentatives de le sortir de sa fâcheuse position furent veines. Mais Opportunity est toujours opérationnel, plus de 8 ans après sa mise en service. Spirit montre 7730 mètres au compteur, tandis que son jumeau en affiche 34 633. Ça fait beaucoup de chemin pour de petits robots téléguidés à environ 150 000 000 de kilomètres de distance.

Curiosity

La mission Mars Science Laboratory emportant avec elle la nouvelle sonde robotisée Curiosity quitte la Terre le 26 novembre 2011. Et c’est finalement hier, le 6 août 2012, plus de 8 mois plus tard, qu’elle est entrée et s’est posée à son tour sur le sol poussiéreux de Mars. Pour la première fois depuis Pathfinder, on utilisait une nouvelle technique pour la mise au sol. Fini les ballons gonflables, on y va avec un petit robot fusée, qui permet de diriger la sonde lors des derniers mètres et de la déposer doucement. On compare cette technique à une grue aérienne, d’où son nom « Sky Crane ».

Mise au sol de Curiosity par Sky Crane

Mise au sol de Curiosity par Sky Crane. Tirée du site de la mission

Image de synthèse du la grue du ciel

Image de synthèse du la grue du ciel. Tirée du site de mission

Le robot est le plus gros à s’être rendu sur Mars. Sa mission est de trouver des preuves que Mars a déjà abrité un environnement pouvant supporter la vie. Muni de tout ce qu’il faut pour forer, creuser et analyser les échantillons, on a de grandes attentes de celui-ci. Surtout que ses critiques lui reprochent la même chose qu’à tous ces ancêtres : son coût astronomique (sans jeux de mots).

Pour l’avenir, une seule mission est à l’horaire, mais d’autres sont à l’étude. Une mission habitée, pour quand me demandez-vous ? Et bien sachant que le voyage est d’environ 8 mois, il n’y a, pour l’instant, aucun moyen de remmener les astronautes chez eux une fois là-bas. Ce qui pose donc tout un dilemme. Avant de faire une telle mission, il faudra sûrement y envoyer du matériel de survie pour qu’ils puissent se construire un habitat et générer de l’oxygène pour y survivre. Si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire l’excellent roman de science-fiction Mars la Rouge de Kim Stanley Robinson. Basé sur des faits scientifiques à l’époque de son écriture, on y retrouve des choses très intéressantes dans la perspective d’une éventuelle « colonisation » de Mars.

Qui sait, peut-être que dans 500 ans, nous aurons une colonie là-bas, comme les Français et les Anglais avaient l’Amérique il y a quelques siècles…

*Source Wikipedia http://en.wikipedia.org/wiki/Mars_3

**Kit de presse de la mission Pathfinder. Voir la page 26 du PDF pour la méthode d’atterrissage http://www2.jpl.nasa.gov/files//misc/mpfland.pdf